Paris : une femme est privée d’allaitement par la police. Elle témoigne et lance une pétition !

Donner la vie est la plus belle des œuvres, et nourrir son enfant est le droit le plus élémentaire et naturel qui puisse exister. Malheureusement dans certains pays, notamment en France beaucoup trouvent encore cette attitude indécente et déplacée.

Le 10 avril dernier, une maman qui se trouvait dans un commissariat n’a pas eu la possibilité d’allaiter son enfant, car ce droit lui a été refusé. En colère, elle a décidé de témoigner, et une pétition a été lancée à ce sujet. Sophie, accompagnée de son conjoint, tient leur bébé dans ses bras lorsque ce dernier se met à pleurer, alors qu’elle se renseigne pour savoir comment nourrir son bébé sur place, les autorités dans le commissariat s’y opposent. Voici son témoignage.

« Le 10 avril 2017, par une journée merveilleusement ensoleillée, mon compagnon, mon fils et moi nous promenons dans le 2ème arrondissement de Paris. Mon compagnon porte notre fils, âgé de 2 mois, à l’écharpe. Nous nous arrêtons devant le commissariat pour faire faire des procurations car nous serons en voyage durant les élections présidentielles et nous souhaitons que des amis votent pour nous. Nous sommes dans la queue, attendant sagement notre tour pour rentrer dans le bâtiment, lorsque dans son écharpe, notre fils s’éveille de sa sieste et commence à montrer des signes de faim.

Arrivé notre tour, nous demandons à la jeune femme policière qui oriente les gens vers différents guichets si nous pouvons nous asseoir et allaiter notre enfant. Elle nous répond qu’elle va demander. Une minute après, gênée, elle revient accompagnée d’un policier qui prend immédiatement le parti de nous agresser. Il nous explique sur un ton très hostile qu’ils ne nous laisseront pas allaiter et qu’ils n’ont aucune pièce prévue à cet effet.

Nous répliquons que je n’ai besoin que d’une chaise. Sa réponse ? « Il est hors de question que vous allaitiez en public ! Vous n’allez pas imposer ça aux gens. » Nous promettons d’allaiter “très discrètement grâce à une pièce de tissu, un lange, qui sert à cacher ma poitrine” (ce sein que la police ne saurait voir). Il reste inflexible, catégorique et nous fait signe de circuler : l’allaitement au commissariat du 2ème n’aura pas lieu.

Abasourdis, nous partons, mais je m’arrête au bout de quelques mètres et fais demi-tour car je ne suis pas du tout convaincue qu’il soit légal de m’interdire de nourrir mon enfant, c’est-à-dire de lui prodiguer les soins les plus élémentaires. Cet homme aurait-il interdit à une mère de nourrir son enfant avec un biberon ? Je ne le crois pas.

Arrivés devant la porte du commissariat, c’est un autre homme, beaucoup plus jeune mais non moins hostile qui nous ouvre. Je lui demande le nom de la personne qui m’a refusé l’allaitement car j’ai bien l’intention d’écrire au commissaire de cette antenne pour le mettre au courant des agissements du policier. Il refuse net. Son agressivité dépasse celle de son aîné, et pour tout dire, cet homme me fait peur. Derrière lui, ils sont 2 ou 3 à nous regarder : l’intimidation fonctionne, nous nous sentons tout petits face à ces hommes en uniforme qui se présentent en cerbères.

Je prends mon courage à deux mains et lui explique qu’à mes yeux, c’est une honte de refuser à quelqu’un de nourrir son bébé. Mon compagnon est avec moi, notre enfant toujours en écharpe. Et là, choc absolu : le policier nous accuse d’être de mauvais parents pour avoir emmené notre fils dans un commissariat. Selon lui c’est notre comportement qui est honteux, notre fils devrait être à la maison. Je ne sais pas s’il sous-entend qu’une femme devrait toujours rester chez elle avec son enfant afin de ne jamais l’allaiter ailleurs… Ce qui ressort très clairement de son discours c’est qu’une femme ne peut pas être citoyenne et mère en même temps.

Exaspérée et profondément choquée par cet homme qui me poursuit dans la rue en me traitant de mauvaise mère, je lâche un malencontreux « Connard » dans la conversation que je regrette et dont je préfère parler afin qu’il ne soit pas utilisé contre moi et qu’il ne serve pas à invalider mon discours et la gravité de ce qu’il dénonce.

Non seulement, ces hommes qui sont garants de notre sécurité à tous et a priori porteurs de notre confiance, ont échoué à offrir un endroit sûr et accueillant à une jeune mère et à son enfant, mais ils ont en plus tenté de l’humilier publiquement.

Je tiens à faire savoir à ce commissariat ainsi qu’à tous les autres que l’allaitement d’un enfant ne peut être refusé ou reproché à une femme. Je demande au ministère de l’intérieur et plus particulièrement au commissaire du 2ème arrondissement de dénoncer cette forme de misogynie ainsi que de soutenir publiquement l’allaitement au sein des commissariats et des lieux publics en général. Une femme ne devrait jamais avoir à choisir entre citoyenneté et maternité. »

Depuis que ce témoignage a été posté il y a quelques jours, il a déjà récolté plus de 32 000 signatures.

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